En sortant du spectacle d’Yves-Noël Genod

Il y a toujours le rebond, l’écho de ce qui vient d’être tenté, maladroitement, magnifiquement. La mélancolie se loge à ce moment-là, à cet instant-là, celui juste après, ce deuxième son sourd, qui se dépose sur du vide.

Tristesse et tendresse.

C’est peut-être l’instant de la mort. C’est peut-être l’instant de nos morts. Je ne sais pas. Je sais seulement qu’il m’angoisse en même temps qu’il m’enveloppe. Me déterre. Moi aussi. Me rappelle à mon souffle. Oui, à cet instant je suis devant ce qui meurt. Aucun cri, juste du coton.

Solitude et Silence.

L’errance.

Juste la solitude et ce qu’elle a de beau quand elle n’est pas une résignation.

Alors dans cet interstice, les chevaux reviennent. Je me rappelle à ce souvenir d’enfance, à ce qu’il a de cruel et de muet. Je me rappelle à ces scènes qui n’ont plus de voix. Juste une existence sublimée dans nos souvenirs déformés. Je me rappelle à ces souvenirs qui ne sont rien que des tableaux qui tremblent. Je me souviens qu’à l’époque, déjà, je savais que j’allais mourir.

Encore une fois, dans cet inter-temps: le souvenir et le néant.

CG.

“Rien n’est beau. Rien n’est gai. Rien n’est propre. Rien n’est riche. Rien n’est clair. Rien n’est agréable. Rien ne sent bon. Rien n’est joli.”

Yves Noel Genod à la Ménagerie de Verre, festival Etrange Cargo les 10,11, 12 Mars.