Emma -Stage Angers (2010)

Stage autour de Madame Bovary au Nouveau Théâtre d’Angers.

Du 6 au 23 Avril 2010

« La réalité a un coté terrible que j’ignore. Personne ne me l’a dit. »

Le Désert rouge, M. Antonioni

« Ho! Ne bouge pas ! Ne parle pas ! Regarde-moi !

Il sort de tes yeux quelque chose de si doux, qui me fait tant de bien ! »

Madame Bovary, Flaubert

C’est au commencement l’histoire d’une angoisse. Emma est terrorisée par sa vie. Je me dis qu’il s’agit d’une profonde angoisse, d’être à l’endroit de nos choix, sans regrets, sans sensation d’irrémédiable. Chacun doit sûrement négocier avec.

Emma, elle aussi, le fait.

Elle exulte : la moindre phrase de son mari, le moindre objet dans sa maison, la moindre responsabilité à prendre envers sa fille.

Se sentant à l’étroit dans cette vie médiocre, elle décide de s’affranchir des contraintes du réel en se projetant dans une possibilité « d’ailleurs et d’autre », multipliant les amants comme autant d’écrans face à une réalité qu’elle exècre.

Mais toujours « l’autre » fait défaut. L’homme ne répond jamais à l’endroit de son désir. Tous ses rêves cèdent sous le poids du réel : l’autre ne peut être indéfiniment qu’une surface de fantasme, il vit indépendamment d’elle et par là même, là déçoit, lui revoyant au visage ses aspirations frustrées.

Pourtant c’est précisément lorsqu’elle se trouve a l’intersection de son puissant et ardent désir, et de ce que la « médiocre » réalité propose, que Madame Bovary surenchérit, jusqu’à rompre, de délires.

Restent Charles, sa fille, ses dettes.

Toujours.

Elle se défait, tremblante, le jour de sa mort, devant le désastre de son foyer.

Comment nous, acteur ou metteur en scène, « pactisons-nous » avec le réel ? Qu’en retenons-nous ? Qu’en supportons-nous ?

CG. 09/2009

Préparation…

Jeanne Dielman, 23 quai du commerce, 1080 Bruxelles.

Un film de Chantal Akerman

A entendre La Lettre (cliquez ici)

A entendre Avant de dormir (cliquer ici)

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Lettre de Flaubert à Louise Colet

“Depuis que nous nous sommes dit que nous nous aimions, tu te demandes d’où vient ma réserve à ajouter “pour toujours”. Pourquoi ? C’est que je devine l’avenir, moi. C’est que sans cesse l’antithèse se dresse devant mes yeux. Je n’ai jamais vu un enfant sans penser qu’il deviendrait vieillard, ni un berceau sans songer à une tombe. La contemplation d’une femme nue me fait rêver à son squelette. C’est ce qui fait que les spectacles joyeux me rendent triste et que les spectacles tristes m’affectent peu…”.

Les 11.

Alexandre

Jean Christophe

Boutaïna

Fanny

Pauline

Guy

Juliette

Marie Lis

Laure

Jean Claude

Judith

Caroline

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Dimanche 11 avril

Lister les Inquiétudes

Voilà maintenant 1 semaine que le stage a commencé.

Nous avons travaillé à partir de Variations, comme je l’ai appris avec Richard B.

Thèmes des variations :

Emma c’est moi !

– 5 repas avec lui jusqu’à la folie.

– Elle sursautait à chacun de mes baisers.

– Le bal.

– Message sur le répondeur : « Charles, je ne pourrai pas rentrer ce soir… »

– «Elle ne cachait plus son mépris pour rien ni pour personne : et elle se mettait quelquefois à exprimer des opinions singulières, approuvant des choses perverses ou immorales : ce qui faisait ouvrir de grands yeux à son mari. » / Emma en robe blanche à table.

J’aime ce système car il place l’acteur à un tout autre endroit que celui de la pure interprétation. Surtout pour Madame Bovary, il m’était indispensable de quitter l’idée que nous allions (tête baissée, prêts à se faire taper sur les doigts) interpréter Emma ou Charles.

Cela ne m’intéresse pas, le mythe est trop grand, nous n’aurions fait que contempler l’impossibilité d’être à l’ endroit du « monument ».

Il faut oublier que Flaubert est Flaubert, il faut travailler avec son souvenir, loin de lui. C’est dans cet espace-là que nous trouverons  notre liberté.

Cela fait donc 5 jours que nous tentons de dire : « Emma, c’est nous. »

Oui, Emma c’est nous.

Je découvre petit à petit mes enjeux, non,  mes angoisses.

Je ne sais pas ce que je veux dire en travaillant autour d’Emma, mais je sais ce qui m’inquiète chez Elle.

Je travaille à partir de mes inquiétudes.

Voici ma liste :

(5 heures du matin)

« Elle aurait voulu ne plus vivre, ou continuellement dormir. »

– J’ai peur de la province, mais aussi de Paris.

– J’ai peur de Villecroze.

– J’aime Villecroze.

– Parce que je ne connais pas de juste milieu, de juste façon d’être au monde. Je ne sais que : rester chez moi, loin du monde, angoissée par ma voisine, dans mon grenier, dormir ou bien, m’exposer aux yeux de tous et faire des mises en scène. Chercher un juste milieu.

– Parce que j’attends  la catastrophe. J’attends l’huissier, l’incendie, l’arsenic, le jour où une personne me poussera sus les rails d’un métro.

-J’ai grandi à Villecroze.

– Parce que j’ai peur d’être la même mère qu’elle.

– Parce que je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas plus de femmes qui aient peur d’être la même mère qu’elle.

– Parce que depuis que je me suis représentée un avion dans l’air, j’ai peur de l’avion. Je me demande alors le nombre de choses que je n’ose pas me représenter. Peut-être ai- je peur de tout, mais je ne le sais pas encore.

– Parce que je sais qu’il est possible de ne rien voir.

– J’ai peur de ce que les gens cachent.

– J’ai peur du gouffre des gens.

– Parce que je comprends la misanthropie de Flaubert, mais je n’ai pas encore le courage d’assumer ce rapport-là au monde. Je cherche encore une forme de consolation. Lui, est parti vivre loin.

CG.

Lundi 12 avril

Deux inquiétudes cernées

« Peut-être aurait-elle souhaité faire à quelqu’un la confidence de toutes ces choses. Mais comment dire un insaisissable malaise, qui change d’aspect comme les nuées, qui tourbillonne comme le vent ? Les mots lui manquaient donc, l’occasion, la hardiesse.
Si Charles l’avait voulu cependant, s’il s’en fût douté, si son regard, une seule fois, fût venu à la rencontre de sa pensée, il lui semblait qu’une abondance subite se serait détachée de son coeur, comme tombe la récolte d’un espalier quand on y porte la main. Mais, à mesure que se serrait davantage l’intimité de leur vie, un détachement intérieur se faisait qui la déliait de lui. »

Première inquiétude: durant 8 ans il n’aura rien vu

Charles ne veut pas voir qu’Emma est en grande souffrance. Il mange chaque jour face à elle, il dort chaque jour à coté d’elle (sur elle) et pourtant il ne voit pas. Je pense à L’Adversaire, à l’histoire de Jean-Claude Romans ou plutôt à sa femme qui n’a jamais pris le téléphone pour l’appeler à son travail. Il ne s’agit pas de dire que Charles ou la femme de Romans connaissaient la double vie que menaient leurs conjoints. Non, du point de vue de la justice, de la police !, ils ne savaient pas. Pourtant, tout était si gros, si énorme, tout le village était au courant de l’adultère d’Emma.

Certaines personnes du groupe m’ont dit que Charles n’a rien vu parce qu’il l’aimait. Oui, je pense que l’amour, ou plutôt, la fascination l’a empêché de voir, mais ce n’est pas tout, cela sauverait trop Charles, cela le rendrait romantique….Charles doit être vu comme un « complice » de la mascarade. Charles était heureux avec Emma. Il lui était impossible de s’avouer que chaque dîner, chaque nuit passée avec lui était une torture pour Elle. D’une certaine façon, Charles devait avancer, continuer dans son faux bonheur. Charles vit tout autant qu’Emma dans une réalité faussé.  Charles est heureux et c’est précisément ce qui torture Emma : non seulement il ne voit pas la détresse de sa  femme mais il fabrique un simulacre de bonheur sur son dos. Charles ne voit pas par lâcheté.

Le mensonge est à l’endroit où nous l’attendons (Alexandre m’avait dit cette phrase après avoir lu l’histoire de Martin Guerre.)

Oui, il nous est si facile à certains moments de notre vie de ne pas voir.

Deuxième inquiétude: que le pansement lâche

« N’importe ! elle n’était pas heureuse, ne l’avait jamais été. D’où venait donc cette insuffisance de la vie, cette pourriture instantanée des choses où elle s’appuyait ?… Mais, s’il y avait quelque part un être fort et beau, une nature valeureuse, pleine à la fois d’exaltation et de raffinements, un coeur de poète sous une forme d’ange, lyre aux cordes d’airain, sonnant vers le ciel des épithalames élégiaques, pourquoi, par hasard, ne le trouverait-elle pas ? Oh ! quelle impossibilité ! Rien, d’ailleurs, ne valait la peine d’une recherche ; tout mentait ! Chaque sourire cachait un bâillement d’ennui, chaque joie une malédiction, tout plaisir son dégoût, et les meilleurs baisers ne vous laissaient sur la lèvre qu’une irréalisable envie d’une volupté plus haute. »

Flaubert nous décrit un monde insupportable de médiocrité. Personne  n’est sauvé, tous sont prisonniers de leur propre bêtise. Emma la première. Mais la bêtise d’Emma est de ne pas croire ce qu’elle a sous les yeux. Elle pense que Yonville est une exception dans le monde et que derrière ces murs entre lesquels elle est prisonnière, existe la vraie vie : celle de Paul et Virginie par exemple. Voilà sa bêtise.

Mais sa bêtise avance, évolue. Emma est un roman d’initiation. Aussi.

Emma de Toste pense profondément qu’une  autre vie l’attend. Emma de Yonville commence déjà à forcer le destin en trompant son mari et en abandonnant sa fille en se lançant éperdument dans une relation qui sera tout aussi médiocre que son propre mariage. Emma à Rouen (après avoir vu de l’autre côté du mur) comprend que la vie est sous ses yeux, rien de plus, rien de moins, qu’il n’y a pas de beauté ou de transcendance à attendre. Elle se refuse à ce constat et presque cyniquement, achète son bonheur, paie pour palier la médiocrité d’un monde qu’elle exècre.

« Elle se paie du fantasme! », a dit Jean-Claude : le marchand d’étoffes s’appelle L’heureux !

Il est 3 heures du matin et je regarde « 66 minutes » sur M6. Tout me parle d’Emma. Surtout, tout me parle de l’inquiétude d’Emma. L’émission parle (encore !) des petites stars, celle que la télévision fabrique et qu’elle abat en 2 jours. On parle aussi de la tentative de suicide de Loana…

C.G

Chanson

Mi sono innamorato di te :

Paroles:

Mi sono innamorato di te
Perchè non avevo niente da fare
Il giorno volevo qualcuno da incontrare
La notte volevo qualcuno da sognare

Mi sono innamorato di te
Perchè non potevo più stare solo
Il giorno volevo parlare dei miei sogni
La notte parlare d’amore

Ed ora che avrei mille cose da fare
Io sento i miei sogni svanire
Ma..
Ma non so più pensare
A nient’altro che a te

Mi sono innamorato di te
E adesso non so neppure io cosa fare
Il giorno mi pento d’averti incontrato
La notte ti vengo a cercare

Ed ora che avrei mille cose da fare
Io sento i miei sogni svanire
Ma..
Ma non so più pensare
A nient’altro che a te

Traduction:

Je suis tombé amoureux de toi
Pourquoi je n’avais rien à faire
Le jour je voulais rencontrer quelqu’un
La nuit je voulais rêver de quelqu’un

Je suis tombé amoureux de toi
Pourquoi je ne pouvais plus rester seul
Le jour je voulais parler de mes rêves
La nuit parler d’amour

Et aujourd’hui que j’aurai mille choses à faire
Je sens mes rêves disparaître
Mais…
Mais je ne sais plus penser
A rien d’autre qu’à toi

Je suis tombé amoureux de toi
Et maintenant je ne sais même pas quoi faire
Le jour je regrette de t’avoir rencontré
La nuit je viens te chercher

Et aujourd’hui que j’aurai mille choses à faire
Je sens mes rêves disparaître
Mais…
Mais je ne sais plus penser
A rien d’autre qu’à toi

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Extrait des Textes de Mariette Navaro écrit a partir des improvisations sur Emma

semaine du 12 au 16 avril

Cliquer ici pour voir la totalité des textes.

Lundi 12 avril

2- Fiertés de Charles

Ça va. Moi ? oui, ça va.

Un homme se tient là. C’est à lui qu’on confie la parole. C’est une surprise. Un cadeau.

Je joue aux dominos, oui.

On lui témoigne de l’intérêt. On lui tend le micro, peut-être. On veut comprendre sa passion.

Moi ? Je vous raconte comment ça a commencé. Je vous raconte la rencontre avec le jeu, les règles, les enjeux.

Chacun parlera, peut-être, de ce qui le tient debout. Mais maintenant c’est lui qui parle. On n’avais pas prêté attention à lui d’abord. On se dit, d’abord, qu’il va nous dire ce qu’on connaît déjà.

Je vous raconte ma spécialité. Ma petite curiosité. Je vous livre, entre nous, mon petit secret.

On écoute d’une oreille. On ne sait pas où il veut en venir. On attend, peut-être, notre tour.

Je parle, pour la première fois, de mon petit secret. Je pourrais éclater de rire, et en même temps, je tremble.

On poursuit une rêverie personnelle. On a froid, sur ce banc assis.

Je pourrais me lever, pour vous le dire, mon petit secret de passion. Je me lève. Je fais récit de mes voyages.

Il parle d’un pays que nous ne connaissons pas.

Ce voyage, je vous en parle en me levant.

Il explique les spécificités d’un jeu. Il a vu du pays.

Je vous parle et maintenant vous m’écoutez vraiment.

Une femme se lève (puisqu’on me parle de tour du monde), elle s’approche de lui (puisqu’il a cette chose-là en plus. Cette expérience du monde)

Je vous parle et ses yeux à elle, plus particulièrement, me regardent.

(puisqu’il est cet homme qui a vu le monde).

Je vous raconte cette partie-là, cette nuit de jeu où je suis devenu un autre homme.

(je rêve de cette nuit de jeu)

Je vous donne des exemples.

(je veux être la femme d’un homme qui voyage)

Je me trouble de la façon dont vous suivez mes exemples avec vos yeux.

(je veux être la femme d’un homme qui voyage)

Je n’ai jamais fait ça avant, de communiquer ma passion.

(je veux être la femme d’un homme passionné).

J’y met mon énergie et mes grands gestes d’homme.

(je veux être la femme d’un homme passionné)

Elle s’approche de moi et je ne sais plus très bien ce que je vous disais de ma passion du jeu.

(je veux être ta femme)

Je parlais je crois, de la passion et de la nuit.

(je veux être ta femme)

Et des touches d’ivoire, si douces sous les doigts.

(je veux)

Et de ce que cela fait dans le sang, comme bouillonnement.

(je veux)

Je veux.

Musique.

3- Les noces d’Emma

C’est, dit-on, le plus beau jour. Flonflons. Fierté de salle des fêtes et sourires de photographie.

Je t’ai touché la main et c’est déjà notre mariage. Rapidité concrète des arrangements de campagne. J’ai fait ce pari-là en te voyant parler. Et maintenant nous partageons avec le monde.

Je voulais vous dire.

Dérangement.

Ce que je voulais vous dire.

Eparpillement.

Ce que j’aurais aimé vous dire.

Agitation

Vraiment, ce que j’aurais aimé.

Contre-événement

Aujourd’hui, ce que j’aurais aimé

Effusions

Dire, ce qu’il m’aurait plu de vous dire

Bavardages

A moi, ce qui m’aurait plu

Ricanements

M’importait

Eclats

Me tenait à cœur aujourd’hui

Impatiences

De vous dire, de partager

Digestions

Autour de cette table

Ebriétés

Ce que j’aurais aimé

Amusements

Ce que j’aurais aimé être

EXPLOSION.

Ce que j’aurais aimé c’est me marier à minuit au flambeaux, et dans mes grands jupons être éclairée par la lune, et que tous les regards se lèvent des assiettes pour se tourner vers moi, et qu’il y ait de l’amour, au moins, entre les plats, et qu’on célèbre ça, ma sortie de campagne, mon changement de condition, mon ascenseur social, ma réussite proche, mon statut méritoire de femme de médecin, mon parcours sans faute, mon âme redressée, élevée par l’amour et par une jolie maison avec des rideaux neufs.

Ce que j’aurais aimé c’est danser. Etre entraînée par un corps moins pataud. Etre entraînée par quelque chose, n’importe quoi mais que ça valse, n’importe quoi mais qu’on laisse de côté nos pauvres corps de paysans et que pour une fois ça s’élève. Je te ferai tourner jusqu’à ce qu’on s’élève. Je te ferai tourner à se rendre malade pourvu que l’on s’envole et qu’on parte d’ici.


5- Repas 1

Viens là ma belle douce femme chatouilleuse et qui rougit d’un rien. Viens là nous allons manger, reprendre des forces et nous nourrir de la terre. Viens là que je te raconte les visites de chaque jour et l’odeur de leurs fermes. Viens là que je te raconte les saignées du jour, les glaires et les furoncles dans les moindres détails et mon Dieu que cette soupe est bonne.

7-

_ M’aimes-tu ?

_ Mais oui, je t’aime !

_ Beaucoup ?

_ Certainement !

_ Tu n’en n’as pas aimé d’autres, hein ?

_ Crois-tu m’avoir pris vierge ?

abattre

abîmer

abolir

abroger

absorber

accidenter

affaiblir

altérer

anéantir

annihiler

atomiser

attaquer

biffer

bombarder

bousiller

briser

broyer

brûler

canonner

casser

consumer

décapiter

décimer

décomposer

défoncer

dégrader

démanteler

démolir

dépecer

désagréger

désintégrer

dévaster

disloquer

écraser

effacer

effondrer

éliminer

embraser

engloutir

exterminer

faucher

foudroyer

fracasser

fusiller

hacher

incendier

liquider

massacrer

miner

mordre

nuire

pourrir

pulvériser

raser

ravager

rayer

renverser

rompre

ronger

ruiner

saccager

saper

supprimer

tuer

vandaliser

_ Oh ! C’est que je t’aime ! je t’aime à ne pouvoir me passer de toi, sais-tu bien ? J’ai quelquefois des envies de te revoir où toutes les colères de l’amour me déchirent. Je me demande : « Où est-il ? Peut-être il parle à d’autres femmes ? Elles lui sourient, il s’approche… Oh ! non n’est-ce pas, aucune ne te plaît ? Il y en a de plus belles, mais, moi, je sais mieux aimer ! Je suis ta servante et ta concubine ! Tu es mon roi, mon idole ! tu es bon ! tu es beau ! tu es intelligent ! tu es fort !

Emma, tu viens ? Emma! Emma, tu viens ? Emma !

– J’arrive. Oh ! C’est que je t’aime ! je t’aime à ne pouvoir me passer de toi, sais-tu bien ? J’ai quelquefois des envies de te revoir où toutes les colères de l’amour me déchirent. Je me demande : « Où est-il ? Peut-être il parle à d’autres femmes ? Elles lui sourient, il s’approche… Oh ! non n’est-ce pas, aucune ne te plaît ? Il y en a de plus belles, mais, moi, je sais mieux aimer ! Je suis ta servante et ta concubine ! Tu es mon roi, mon idole ! tu es bon ! tu es beau ! tu es intelligent ! tu es fort !

Pina Bausch Short Portrait (Cafe müller)