La chambre de mon enfance

est obscure, un cagibi encombré.

Ce n’est pas vrai que la chambre de notre enfance

reste ensoleillée et lumineuse dans notre mémoire.

Ce n’est que les maniérismes de la convention littéraire

Qu’elle se présente ainsi.

Il s’agit d’une chambre MORTE

et d’une chambre des MORTS

C’est en vain que nous essaierons d’y mettre de l’ordre:

elle mourra toujours.

Cependant si nous arrivons à en extraire des fragmentss,

fussent-ils infimes,

un morceau de Divan,

la fenêtre, et au-delà la route qui se perd tout au fond,

un rayon de soleil sur le plancher,

les bottes jaunes de ton père,

les pleurs de maman,

et le visage de quelqu’un derrière la vitre de la fenêtre-

il est possible alors que notre véritable CHAMBRE d’enfant

commence à se mettre en place,

et peut-être arriverons-nous ainsi à accumuler des éléments

pour construire

notre spectacle!

Le théâtre de la mort. T. Kantor.