TOUT A COMMENCE… Extraits du carnet de bord.

Le 12 septembre 2011 par caroline Guiela Nguyen

Sur la table le premier jour, madame Bovary de Flaubert. Le monstre littéraire !!

J’explique, en m’excusant d’abord auprès de Flaubert, en me cachant derrière les mots pourquoi c’est lui et pas un autre qu’il y a sur cette table. Mes collaborateurs sont froids, moi aussi, me remonte alors toutes ces années de feuilles blanches devant ma copie de français sur laquelle je ne savais pas comment poser mon stylo, comment expliquer, parler, argumenter….

Je balbutie… je relâche le livre des mains comme s’il pesait des tonnes. Et pourtant, j’avais bien passé 6 nuits blanches à lire ce roman, à Saigon, couché auprès de ma mère juste éclairé à la lumière de mon téléphone. J’avais bien était contaminé dans les rue de Saigon, ma mère a coté de moi, par ce destin angoissant d’une femme qui comme dira Alice plus tard : a fait les mauvais choix.

Le choix !! Voilà, je sors de ma feuille blanche et je raconte à mon  équipe l’histoire d’une femme que j’ai connue. On l’appellera Madame J. Elle est arrivé du Vietnam, à 17 ans, et est tombée folle amoureuse du dentiste pour qui elle était la secrétaire. A 17 ans, elle avait trouvé dans cet homme peut être de l’amour mais aussi des choses qui ne tiendrai pas toute une vie entière. Elle y avait surement vu l’hégémonie de l’homme blanc ; symbole absolu de la réussite sociale, elle y avait vu ses 40 ans comme la force de l’âge, (elle, qui a 17 ans, ne sentait que de la faiblesse dans son corps de jeune femme qui ne savait pas encore vraiment maitriser le français). Cet homme après 15 ans d’aller-retour entre sa femme et cette jeune fille, décide de quitter son foyer pour s’installer avec elle, madame J, elle a déjà 32 ans.

Elle en a maintenant 62. Son mari a fait un AVC et dort souvent sur le canapé.  Madame J quand elle me parle, s’arrête souvent. Et dans ces silences, je projette à mon tour le destin d’Emma.

De cette digression nous commençons enfin à parler. Benjamin comme très souvent parle d’un film qu’il vient de voir. Il était une fois en Anatolie. Mariette me raconte à son tour (comme une complicité profonde entre nous deux) une autre histoire qui remet aussi en jeu la question sociale. Antoine nous parlera d’un lied de Schubert, il nous parlera au de :En présence d’un clown.

Le projet sur Emma a enfin commencé.

Le 12 avril 2012 par Caroline Guiela Nguyen

Quelqu’un a dit de nous que nous travaillions toujours sur la question du réel et de la fiction… mais n’est ce pas toujours la question du théâtre ?

Et puis pour nous,  la grande question du « réel !! » se pose finalement très simplement, pour ne pas dire très pragmatiquement ; Nous travaillions depuis 1 ans et demi sur Le bal d’Emma prochaine création qui aura lieu à la salle des fêtes de Montélier du 1 au 6 Juin durant le festival Ambivalence(s). C’est déjà ça, le réel. Cet énoncé là.

Puis, le réel, c’est à mon sens ce que nous aurons très concrètement devant les yeux au premier jour des répétions :

Amusons-nous alors à le lister:

–       Une salle des fêtes de Montélier, petit village de 3000 habitant de la Drôme. La salle  des fêtes a été construite dans les années 80 et les habitants du village marient leurs enfants dans cette salle. Ils y votent aussi…La salle Marcel Pagnol est rose.

–       15 amateurs de 17 a 80 ans. Je dis ici leur nom. Je mettrai plus tard (après leur avoir demandé leur accord) leur photo : Cécile, Guillaume, Yves, Manu, Malone, Suzanne, Violette, Jean- Marcel, Serge, Ruth, Marie-Christine, Roselyne.

–       Un orchestre. L’orchestre, c’est des jeunes du conservatoire de musique de Valence et deux de leur professeur Teddy et José. Il y a donc Antoine qui a 14 ans, il est pianiste, Robin, Estienne qui ont 17 ans et Jules qui a 18 ans et qui n’a pas besoin d’autorisation parentale. Robin est à la batterie Estienne à la basse, Jules a la guitare. Jules passera son bac 1 semaine après la dernière du bal d’Emma. Robin et Cecile ont le même âge, ils pourraient (dans la fiction) tomber amoureux…Teddy est au synthé et José a la trompette. Teddy est sortie tout droit des années 60.

–       Nous serons à 2 semaines de répétition au 2ieme tours des élections.

–       4 comédiens professionnels : Boutaina, qui jouera Emma, Pierric (qui habite depuis 2 ans à Ouessant et qui prend le bateau pour venir répéter) il jouera le chanteur du groupe, il y a Jean Claude qui jouera Charles, le mari d’Emma et Alexandre le rôle d’un jeune homme qui traine dans le village, Hyppolite (en secret, il est fou amoureux d’Emma)

–       Il y a nous. Nous c’est l’équipe des Hommes Approximatifs : Alice scénographe, Benjamin costumier, Antoine créateur son, Jérémie créateur Lumière, Mariette  Auteur, Claire coordinatrice générale car au complet nous seront 32 personnes a rêver sur Le bal d’Emma. Il y a moi aussi, et je fais la mise en scène.

Voilà, c’est tout ca que nous aurons devant les yeux pour commencer à raconter notre histoire.

C’est donc à partir de tout ces élément du réel que nous rêvons notre fiction. Ou non, c’est à partir de notre fiction que nous avons réuni tous ces éléments du réel…Non plus … Car je ne savais, pas en rencontrant Violette qu’elle deviendrai la mère d’Hyppolite, je ne savais pas que Jean Marcel chanterai « I wanna be loved by you » car il est dingue de Marilyn…. Bref, les choses se croisent et se contaminent. Qui de l’un enfante l’autre, nous ne le savons pas vraiment. Mais ce que nous aimons le plus, c’est bien ces allers retours entre notre fiction et ce que le réel nous inspire.

Voici donc notre histoire :

Il était une fois un homme nommé Charles qui pour les 30 ans de sa femme, Emma, décide de lui offrir un Bal. Emma a mis sa plus belle robe, les invités aussi. Il y a Léon, le chanteur qui chantera pour Emma car elle est très belle, et que les chanteurs tombent toujours amoureux de la plus belle femme du bal… En cachette, derrière son comptoir, Hyppolite a encore cassé un verre, il saigne.

Voilà, je n’en sais pas plus… rendez vous réellement le 2 mai.

Le 2 mai 2012 par Caroline Guiela Nguyen

Un lieu pour notre fiction

La Salle Marcel Pagnol de Montélier

Apres avoir fait le tour des salles des fêtes de l’agglomération nous avons trouvé, perdu au milieu de la campagne la salle qui supportera l’histoire d’Emma.

Une salle rose


 

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