Mon Grand Amour (2016)

@DR

Un appartement. Valence ? Saigon ?

Lorsque Caroline Guiela Nguyen était enfant et demandait à sa grand-mère pourquoi il ne fallait pas placer d’argent à côté de la nourriture, cette dernière lui répondait : « Parce que ça attire les fantômes. C’est ainsi, à cause de ma voisine de palier à Saigon, que j’ai entendu pleurer durant deux ans une petite fille qui n’existait plus ».

Aujourd’hui, vous avez franchi la porte de cet appartement du centre-ville de Valence. La télé est allumée. Vous reconnaissez les voix du programme de midi. Deux femmes regardent l’émission. La douche coule, peut-être est-ce une troisième personne, dans une autre pièce. Sur un meuble, comme un petit autel domestique, il y a la photographie d’un homme encadrée de plastique doré, enrubannée de volutes d’encens. L’une des femmes s’approche souvent de ce portrait. Elle replace soigneusement une fleur séchée. À la voir ainsi on se dit que c’est sûrement son grand amour qui est encadré, là… sous sa main.

Mon grand amour est l’histoire d’un lieu. Un lieu transfiguré par la vie d’un autre lieu, loin, à Saigon, une ville qui a changé de nom, qui n’existe plus, et qui s’est déplacée jusque là. Attention, jauge très limitée. Aficionados des Hommes Approximatifs, faites vite !

Une création des Hommes Approximatifs / Mise en scène Caroline Guiela Nguyen / Création sonore Antoine Richard / Création lumière Kelig Le Bars / Conseil dramaturgique Jérémie Scheidler / Création scénographie et costumes Caroline Guiela Nguyen en collaboration avec Dominique Fournier / Régie générale Serge Ugolini / Avec Luc Bataïni, Alexandre Michel, My Chau Nguyen Thi / Production La Comédie de Valence, CDN Drôme-Ardèche, coproduction Les Hommes Approximatifs / Représentations dans le quartier du Polygone, en partenariat avec l’Office Public de l’Habitat de Valence.